La filtration dans l’aquarium marin et récifal

 

Il existe à ce jour trois types de filtration :

La filtration mécanique a pour but de piéger les matières organiques en suspension dans l’eau, ceci afin d’éviter entre autre une sédimentation trop importante dans le bac.

Filtre "Eheim".

Filtre « Eheim » électronique avec effet « stream ».

Ces matières biodégradables se filtrent avec de la mousse ou du perlon, préférez la mousse alvéolaire car les poissons marins n’aiment pas les microfibres du perlon qui s’échappent et peuvent nuire à leurs branchies (à vérifier, mais dans le doute…), par le biais d’un filtre extérieur, ou d’un bac à décantation. La mousse doit être régulièrement nettoyée afin d’éviter un colmatage préjudiciable et surtout une accumulation de sédiments qui risquerait d’accroître le taux de nitrates et de phosphates. Il faut au filtre un débit important, au minimum 2 à 4 fois le volume du bac par heure. Préférez les filtres semi-humides (les matières filtrantes sont alternativement au sec et remplies d’eau)  qui ont l’avantage d’oxygéner l’eau et de créer un léger effet de houle par alternance avec le rejet de la pompe.

Ici un bac équipé de 2 filtres extérieurs, complétant un bon brassage et ne retenant pas les matières indésirables si la mousse est nettoyée régulièrement.

La filtration mécanique pour un emploi biologique est de moins en moins employée en aquariophilie récifale, les pierres vivantes prenant la place du filtre. En effet, les bactéries fixées à la surface et à l’intérieur des pierres vivantes (très poreuses) assurent à elles seules le cycle de l’azote. Vous pouvez tout de même compléter votre installation avec un filtre extérieur contenant du sable de corail (surtout sans phosphates) avec un débit élevé (minimum 1200 l/h) cela rendra l’eau un peu plus cristalline et cela a pour effet de stabiliser le pH, de plus vous aurez un brassage supplémentaire dans le bac. Vous aurez en quelques sorte un système de filtre à sable souvent employé dans les aquariums public. Le problème est que vous risquez d’absorber le peu de microplancton disponible présent dans votre eau, je vous conseille donc pour le faire de « prendre » si possible l’eau à l’intérieur d’une décant. (interne ou externe)

Le G6 de Fluval.

Le G6 de Fluval avec une électrode intégrée pour tester la conductivité.

Si vous possédez un bac à poissons, qui sont de gros pollueurs, vous pouvez rajouter une matière filtrante comme le « siporax » pour compléter votre filtration biologique. Prenez un filtre à paniers, beaucoup plus facile à gérer pour le nettoyage hebdomadaire. (jbl ou eheim)Pour les FO, un filtre externe puissant est indispensable si vous n’avez pas de décantation, voire deux filtres.

Voyez ci-contre comme en aquariophilie récifal  les systèmes de filtration ne servent plus qu’a oxygéner l’eau ! Les bacs de décantation portent mal leur nom car ils deviennent uniquement un endroit ou mettre le matériel (écumeur, réacteur, pompe, résistance, divers sondes, thermomètre, etc) Dans un bac récifal, un endroit ou mettre tout le matériel est bien pratique.

La filtration biologique a pour but de transformer les matières organiques dissoutes. Il existe de nombreux matériaux de filtration biologique disponible dans le commerce, un des plus utilisé est un petit cylindre en céramique avec une surface de colonisation extrêmement importante.(siporax, par exemple) Il y a sur le marché une multitude de marques…Indispensable en FO.

En aquarium récifal, la filtration biologique se fait souvent uniquement par le biais des pierres vivantes en quantité suffisantes.

Charbon actif.

Si vous filtrez sur charbon actif, mettez la meilleure qualité.

La filtration chimique a pour but de modifier les paramètres physico-chimique de l’eau. Le charbon actif est parfois utilisé afin d’éliminer tous les colorants organiques de l’eau du bac, ce qui peut régler un temps le problème de coloration jaunâtre de l’eau…Mais mieux vaut trouver la solution à ce problème en amont. Le charbon peut être utilisé occasionnellement après un traitement chimique de l’aquarium, après un traitement médical par exemple. L’eau ‘verte’ peut être traité momentanément par une filtration sur rayons a Ultraviolets.

La mode en ce moment est à la « Zéolithe », un matériau minéral (famille de l’argile) de filtration, souvent utilisé en usage domestique à des fins de purification ou d’adoucissement d’eau et parfois en aquariophilie d’eau douce. Ce matériau peut être mis dans un filtre externe ou dans un réacteur de type « Deltec »ou « Grotech », les zéolithes appauvrissent l’eau en nutriments et favorisent donc la coloration des coraux.

Cependant, le matériau doit être changé régulièrement car il est très poreux et arrive vite à saturation, un peu comme le charbon actif. De nombreux essais sont en cours, quelques marques sont distribuées comme « UltraLith ». Ce matériaux est apparemment efficace dans les bacs de coraux durs. Ce « produit » est aussi parfois utilisé pour lutter ponctuellement contre les algues indésirables. Dans tous les cas il est préférable d’utiliser les zéolites au départ d’un nouveau bac et il vaut mieux éviter d’en utiliser sur un bac ancien.

De manière générale pour filtrer un bac marin de type FO, vous pouvez tout de même utiliser un bac à décantation externe contenant de la mousse alvéolaire (en préfiltration mécanique et avec un nettoyage très régulier) et des « bio-balles « si l’eau tombe en cascade dedans.(à pour effet de bien oxygéner l’eau) Idéal dans un bac ne contenant que des poissons (avec les 3 types de matières filtrantes) mais à surveiller en bac récifal ( peut produire dans certains cas un taux trop important de nitrates).

Ici un mur de 3 mètres de hauteur rempli de « bio-balles » chez un importateur/grossiste sur une batterie d’eau de mer. Oxygénation maximale/système a ruissellement.

Quoiqu’il en soit, la meilleure technique, reste encore une fois la technique naturelle. C’est à dire, mettre des roches vivantes en quantité suffisante dans le bac et écumer ! Éliminer vaut toujours mieux que de transformer les matières organiques, qui resteront de toute façon  dans l’aquarium…A condition bien sur d’effectuer des changements d’eau régulièrement. On compte environ 25 kilos de roches vivantes pour 100 litres d’eau et non pas 10 kilo comme on peut le lire souvent. Cependant ceci reste est une base, vous pouvez en mettre plus ou moins, mais choisissez toujours des roches saines, de bonne qualité, saines et bien nettoyées.(pour éviter une montée de nitrites trop importante) Il est préférable de mettre toutes les pierres vivantes dès le début de la vie du bac et d’éviter d’en rajouter de temps en temps, vous risquez une montée de nitrites et de déstabiliser tous les paramètres du bac.

Filtre fluidisé avec des Biopellets.

Filtre fluidisé avec des Biopellets.

Il existe une méthode de filtration avec des « filtres fluidisé » remplis de Biopellets (granulés en polymère biodégradable, source de carbone organique) cette technique (qui nous vient de l’eau douce avec des filtres à lit fluidisé à base de sable) favorise le développement accéléré des bactéries anaérobies,(un peu comme la fameuse méthode ‘vodka’) il faut faut changer les biopellets tous les 9 mois environs ou quand le taux de nitrates remonte. On peut noter une baisse significatives des nitrates et des phosphates avec ce type de filtre, mais le mieux est de trouver la source de cette pollution. Il peut être intéressant d’utiliser cette technique pour combattre une invasion de « cyano ». Il faut de préférence utiliser le filtre avec une petite pompe assez puissant, environ 1000 L/h afin de mettre les biopellets en ‘suspension’. Comptez environ 50 euros le litre de biopellets.

Il existe aussi une méthode de filtration biologique idéale si vous avez de la place, c’est la filtration sur algues ( ou gazon d’algues). Cette méthode nécessite l’emploi  d’une deuxième cuve dans laquelle vous pouvez mettre une petite couche de sable où les rhizomes des algues iront se fixer. L’eau devra passer par ce bac avec un débit très faible avant de retourner dans l’aquarium, de ce fait, cette eau sera déchargée des matières organiques dissoutes, des métaux lourds et des surplus de nutriments, qui seront absorbés par les algues. Dans ce type de bac on trouve rarement d’algues indésirables, dites « inférieurs ». Le problème majeur est qu’il faut une quantité tellement importante d’algues, que ce système est réservé plutôt pour les aquariums publics.

Une deuxième version (méthode du Dr ADEY ) consiste à faire passer l’eau sur une mince couche d’algues qui devra être enlevée régulièrement avec un racloir. L’ eau est rejetée avec un système de basculement qui reproduit le mouvement de la houle.(souvent utilisé dans les aquariums publics) Il est très difficile de reproduire ce type de filtration pour un particulier, sans compter la nuisance sonore de la bascule !

Les coulisses du rayon "aqua" d'un magasin...

Les coulisses du rayon « aqua » d’un magasin…

Ces deux systèmes devront être fortement éclairés, il est intéressant d’éclairer ces bacs la nuit avec un cycle inversé afin de maintenir un taux d’oxygène élevé dans le bac principal et un PH stable tout au long de la journée.

Les filtre à diatomées sont utilisés assez souvent dans les aquariums publics mais uniquement lorsqu’il y a un problème bactérien. Ils ne sont plus utilisés en aquariophilie marine pour les particuliers.

Pour résumer il y a donc 3 types de filtration :

Un nano de tunze

Un nano de tunze avec filtre intégré et nano écumeur 9002.

Il est donc possible de combiner les trois, le tout étant d’obtenir une qualité optimum de votre eau et une santé optimale de vos coraux et poissons, essayer toutes les possibilités en prenant soin de tout noter sur le carnet de bord de votre aquarium. Sachez qu’on trouve parfois des bacs n’adoptant aucune filtration sauf celles des pierres vivantes.

Attention aux produits « miracles » utilisés comme matériaux de filtration, la plupart ne sont pas adaptés à l’aquariophilie récifale. Quelque soit votre mode de filtration, il est important de bien nettoyé régulièrement la préfiltration (en mousse alvéolaire de préférence) les sédiments que nous cherchons tant à évacuer ne doivent absolument pas rester dans la décantation.

Les UV

Les tubes ultraviolets (rayonnement électromagnétique d’une certaine longueur d’onde « au delà du violet ») sont employés depuis pas mal de temps en aquariophilie marine avec succès. Ce n’est pas une méthode de filtration mais peut intervenir en complément de la filtration. Les bacs d’aquariums publics sont pratiquement tous équipés de cet équipement. Ils rendent l’eau parfaitement cristalline, élimine les problèmes d’eau verte (problèmes d’algues) ou d’eau blanche (problème bactérien). Ils réduisent considérablement les agents pathogènes qui se promènent en pleine eau en irradiant l’eau de l’aquarium. Mais un traitement de l’eau par rayons ultraviolets ne guérit pas les poissons déjà infectés par la maladie, il agit uniquement en traitement préventif. Le débit de l’eau doit être assez lent autour du tube car l’exposition aux rayons UV doit être d’au moins 5 secondes pour être vraiment efficace. (donc, prévoyez une pompe à eau à très faible débit) Si vous tenez a équiper votre bac d’un tube UV, choisissez une puissance importante (15 ou 30 w minimum). Laissez le tube fonctionner en permanence en FO (indispensable à mon avis dans ce type de bac) et la nuit en récifal. D’une manière générale, et si votre bac est bien équilibré, un bac récifal bien mature n’a pas besoin d’être traité aux rayons ultraviolets, sauf si votre population de poisson est assez conséquente.(ce qui ne devrait pas être le cas) La soi-disant ‘destruction’ du plancton par l’action d’un tube UV sur un aquarium n’a jamais été prouvée, d’ailleurs j’aimerai pouvoir quantifié la quantité de ce plancton de pleine eau dans nos bac ! Un petit UV en 5 watts suffit pour un nano jusqu’a 100 litres. Si vous disposez d’un filtre extérieur, vous devez installer l’UV en sortie de la pompe.

L' Ozone

L’ Ozone est un gaz utilisé pour stériliser l’eau. Procédé célèbre aux États-Unis et au Canada, très peu répandu en Europe, peut-être pour la difficulté de dosage. Cette technique est souvent utilisée en aquaculture, au sein des aquariums publiques ou chez quelques grossistes/acclimateur ou encore chez quelques revendeurs. Un Diffuseur d’Ozone peu être utilisé avec un écumeur afin d’augmenter sa productivité. Enfin, l’ozone en surdose peut causer des brûlures au niveau des branchies et de la peau des poissons. En général, l’efficacité de la stérilisation est au rendez vous.

générateur

Un générateur d’ozone.(Aqua zone plus)

Le Filtre à Diatomées

Malheureusement ce système n’est pas beaucoup employé en Europe, c’est pourtant un excellent moyen de se débarrasser des parasites. Ce sont en général des filtres extérieurs dans lesquels se trouve une sorte de membrane (en fait un sac avec un maillage extrêmement fin enroulé sur lui même et rempli de terre de diatomées) qui ne laisse rien passer au dessus de 1 micron ! Le problème est que le colmatage intervient rapidement, il faut donc changer la masse de filtration assez souvent. De toute façon, on ne trouve plus à l’heure actuelle ce genre de filtre pour les particuliers. Il fut employé assez souvent par les aquariums publics pour éliminer les bactéries et parasites. On en trouve guère que dans les filtres de piscine des particuliers maintenant…

Les Filtres sous Sable

Les filtres sous sable ne sont pratiquement plus employé en aquariophilie marine, cela est due en grande partie au colmatage du filtre lui même. Une technique de maintenance s’en approche un peu mais sans circulation d’eau, c’est la méthode « Jaubert ». La méthode « Jaubert » est une méthode déposée pour les aquariums publics, mais heureusement pas pour les particuliers. Plus d’infos sur cette méthode dans la rubrique « problèmes« 

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