Problèmes et solutions (partie 1)

Dans cette grande rubrique, nous verrons les problèmes que l’on peut parfois rencontrer en aquariophilie marine et récifale en essayant d’y apporter quelques solutions, nous verrons aussi les différentes méthodes d’aquariophilie marine, les indésirables du récifal, l’entretien d’un aquarium et son coût global, les maladies rencontrées, etc,etc…

Premier conseil : évitez le surpeuplement. (même si cela est parfois tentant d’acquérir un nouveau poisson aux couleurs chatoyantes !) Avec l’avènement du récifal, la place pour les poissons dans nos bacs est de plus en plus restreinte car remplacée par les invertébrés. Je pense que c’est une bonne chose lorsque cela est bien respecté. Il est à noter que les poissons ont la plupart du temps disparu dans les nano-récifs, et on comprend pourquoi…Il n’y a pas à proprement parler de règle générale pour la population d’un bac, le bon sens suffit.

Deuxième conseil : Offrez leur une nourriture équilibrée et variée (un peu comme nous en fait…) et assez souvent, les poissons ne jeûnent pas dans la nature, au contraire, ils passent leur temps à rechercher leur nourriture, le tout est de ne pas suralimenté bêtement,(notamment dans les petits bacs) il faut que toute la nourriture soit ingérée par les poissons et les invertébrés. Si votre bac contient beaucoup de détritivores, la nourriture restante sera un véritable bienfait, demandez aux ophiures…!

Déjà avec ces deux petits conseils, et si les conditions de maintenance sont bonnes, vous éviterez la plupart des maladies.

Maladies des poissons

En général, mieux vaut prévenir que guérir mais il est parfois trop tard. Il n’y a pas 36 solutions pour soigner un poisson malade, il y en a 2 :

La première consiste à laisser faire la nature pour les pathologies bénignes (points blancs etc…) En général, tout rentre dans l’ordre.( si le bac est bien équilibré.) Mais il convient de chercher la cause de cette maladie. La deuxième consiste à retirer le poisson du bac ( afin de ne pas perturber l’équilibre chimique de l’ensemble) et de le soigner dans un bac à part.(bac hôpital, ou bac de quarantaine)

La maladie la plus connue est la maladie des points blancs, heureusement c’est aussi la plus facile à soigner. On la reconnaît aisément aux tout petits points blancs présents sur les nageoires ou sur le corps. Son nom scientifique est :

 

CRYPTOCARYON IRRITANS

 

  CRYPTOCARYON IRRITANS

Aie, aie, aie..

C’est une infection qui arrive la plupart du temps après un stress ou une importante variation de température ou encore de densité. Le poisson se frotte contre le sable, les pierres ou les coraux, il semble avoir des difficultés à respirer. Le remède, si le stade de la maladie n’est pas trop avancé, est de laisser faire, ils partiront comme ils sont venus. Dans le cas contraire, retirer le poisson et le soigner avec du sulfate de cuivre ou du vert de malachite ou tout autre traitement disponible dans le commerce. Cette infection intervient un peu moins dans le cas ou le bac est stérilisé avec un ou plusieurs tubes ultraviolet. Mais cela reste de la prévention et ne soigne pas les causes de la maladie. (l’ UV ne s’attaque qu’a la forme juvénile des bactéries et des virus)

 

Cette maladie est parfois confondue avec la LYMPHOCYTOSE, pourtant les points blancs chez cette dernière sont beaucoup plus gros. Ils ressemblent plutôt à des protubérances ou des nodules. C’est une maladie courante chez les poissons anges et les poissons papillons notamment sur les nageoires caudales.

 

Forme extrême de la lymphocytose sur un pomacanthus paru.

Forme extrême de la lymphocytose sur un pomacanthus paru.

Si ces nodules arrivent à la bouche du poisson, celui-ci aura des difficultés à s’alimenter, ce qui peut mener à sa mort si rien n’est fait.

Encore 2 solutions, soit vous laissez faire, soit vous intervenez si la maladie est avancée. Dans ce cas, il faut retirer le poisson et enlever les nodules blancs manuellement ( avec l’ongle ou un scalpel stérilisé) Ensuite, traiter au sulfate de cuivre qui reste un remède (presque) universel et relativement efficace. (en badigeonnant sur et autour de la plaie). Il n’existe pas dans le commerce de produit miracle, la lymphocytose reste une infection virale. Certains utilisent de l’iode pour soigner les plaies, je reste sceptique…Dans tous les cas, ne laisser pas le poisson plus d’une minute hors de l’eau et filtrer l’eau de l’aquarium sur UV.

 

N’oublions pas que pour l’instant , la plupart de nos poissons proviennent malheureusement du milieu naturel, milieu parfaitement chimiquement stable. Dans nos bacs, les conditions de maintenance sont souvent instables, fluctuation du pH, de la densité, des taux de nitrates, de nitrites, d’ammoniac, de phosphates etc… Donc le poisson est sensible au stress, le stress est à la base de l’apparition de la plupart des maladies, comme pour l’être humain d’ailleurs…

Il existe une autre maladie extrêmement contagieuse et terrible pour nos poissons c’est :

L’ Oodinium

 

L' Oodinium

Ah oui, il est pas beau celui là…

 

L’Oodinium est un parasite unicellulaire, il existe aussi dans une autre forme appelée :  » maladie des points noirs ou maladie du velours  » : L’Oodinium noir (Turbellaria). Ce sont des petits points noirs, parfois difficiles à voir, disséminés sur l’ensemble du corps.(un peu moins sur les nageoires)

Là, il faut absolument traiter le poisson : le retirer du bac et le mettre en quarantaine dans un bac hôpital avec une densité de 1016, voir 1014 puis faire des bains d’eau douce (même température) d’environ 5 minutes, 2 fois par jour pendant 5 jours.

L’autre forme d’ Oodinium (Oodinium ocellatum) peut parfois se confondre avec le cryptocaryon mais les points blancs sont beaucoup plus petits, vérifiez d’abord les branchies, puis les nageoires et le comportement du poisson.(sujet restant en surface ou sur le fond, agité, problème respiratoire, frottements) puis traitez au sulfate de cuivre dans un bac hôpital (densité 1018), descendez un peu la densité du bac principal (1020 est un bon compromis), et attendez au moins 10 jours avant de remettre le poisson dans le bac principal. Ceci dit, ce parasite n’apparaît pratiquement jamais dans un bac parfaitement équilibré, heureusement !

Érosion de la ligne latéral

C’ est la plupart du temps une maladie due à un manque de vitamine C dans l’alimentation, il vous faut donc rajouter cette vitamine dans la nourriture avant que cela dégénère, car la mort survient presque toujours sans traitement.(la couleur du poisson devient « fade », il ne s’alimente plus, et on voit apparaître une ligne latéral très visible partant de la tête à la queue.)

 

L’empoisonnement

L’empoisonnement arrive parfois dans des bacs mal entretenus, l’intoxication des poissons est due à un fort taux de nitrites, d’ammoniac ou d’hydrogène sulfuré ou encore de phénols et dans une moindre mesure, aux nitrates. Il faut donc intervenir rapidement, effectuer un changement d’eau en évitant un stress supplémentaire aux poissons et rechercher la cause de cette accumulation de toxiques due parfois à la mort d’un gros poisson qui serait resté coincé au fond du bac. Vérifiez aussi la couche de sable, une odeur de souffre traduit un déséquilibre au sein de celle-ci.

Il y a des tas de bactéries pathogènes dans un aquarium qui peuvent emmener des maladies, veuillez vous référer aux livres divers parlant du sujet.(notamment celui de G.Bassleer) D’une manière générale, si vos poissons sont nourris correctement, si votre pH est relativement stable, si vous n’avez pas de nitrites, pas de nitrates (quoique les poissons sont moins sensibles que les invertébrés aux nitrates), pas d’ammoniac, pas de phosphates, un bon taux d’oxygène dissous, une bonne température, une bonne salinité, pas de surpeuplement, normalement, vous ne devriez avoir aucun problème ! Puis ne fumez pas dans la pièce où est installé votre magnifique aquarium, vous sous-estimez les conséquences néfastes du tabac sur vos poissons.( profitez-en pour arrêter de fumer !) et évitez tous les vaporisateurs et désodorisants pour votre intérieur. Il est important aussi lors de l’achat de vos poissons à veiller à ce qu’ils s’alimentent correctement, demandez au vendeur de distribuer quelques paillettes ou granulés. Il faut que le poisson soit vif avec un ventre un peu rebondi et alerte. Évitez les poissons timides ou nageant maladroitement, les poissons faibles, ternes et semblant immobile. Ayant travailler dans ce milieu, je vous confirme que la plupart des vendeurs en animalerie sont incompétents en eau de mer sauf quelques vrais passionnés, sachez les reconnaître !

Attention ! Ce poisson n’est pas malade, il dort paisiblement ! Ce petit clown qui est dans un de mes bacs de 260 litres avec son anémone dort pratiquement toujours au même endroit sur une pierre, il reste quelques heures dans cette position, le flash de mon appareil photo ne l’a absolument pas réveillé ! Il faut dire que la journée à été rude, c’est un fameux mâle reproducteur bien connu dans mon bac ! lol

L’empoisonnement au cyanure

Évidement, si votre nouveau pensionnaire a été péché au cyanure (heureux survivant) il est peut-être déjà trop tard, allez vous venger sur votre vendeur (en général, il n’y peut rien mais ça défoule) et demandez lui de se fournir chez un grossiste qui travaille avec des certificats prouvant que les poissons n’ont pas été capturés au cyanure. (très courant aux États-Unis, un peu moins en France mais ça devrait changer, enfin je l’espère…)

Ici, apparemment une capture au filet, ce qui devrait être la norme.(comme c’est le cas en Floride ou en Mer rouge…normalement…)

pêche à la dynamite...no comment.

et là une pêche à la dynamite…no comment.

 

Les symptômes sont simples, votre poisson meurt sans symptômes justement. Parfois certains ont du mal à s’alimenter (tout de même assez courant, mais dans ce cas , la muqueuse gastrique est déjà détruite), ou bien il meurt quelques temps après leur acquisition. L’empoisonnement par le cyanure est irrémédiable. Le problème est apparu en 1958 ! On le croyait résolu, mais il n’en est rien… au contraire, la solution du problème est à la source, c’est à dire un pêcheur bien rémunéré… illusoire, même contre les fortes amendes données par les autorités locales, la pêche aux sels de cyanure persiste, et pourtant, au bout de la chaîne, nous payons le prix fort. La pêche au cyanure détruit toute vie sur la parcelle corallienne ou il a été dispersé, même avec quelques milligrammes lancés sur le récif afin de capturer plus facilement les poissons, il est aussi à noter que cette pratique de pêche est aussi préjudiciable pour le pécheur lui-même et ceux qui consomment les poissons comestibles pour l’alimentation humaine… Ce problème se retrouve encore dans quasiment toute l’Indonésie.

SAY NO TO CYANIDE

Voici le résultat d’un lâcher de cyanure sur une partie du récif…

MALADIES DES CORAUX

Voici un domaine où tout reste à faire ! Comme pour les poissons, la meilleure des thérapies reste la prévention, à force d’observer pendant des heures vos coraux, vous saurez rapidement si quelque chose ne tourne pas rond dans le bac. Les coraux sont sensibles aux chocs, aux brûlures des autres coraux, aux chocs thermiques, aux brûlures des hqi, aux changements brutaux de paramètres physico-chimiques, aux virus, aux bactéries, aux protozoaires et à pas mal de parasites ! Paradoxalement, les coraux ont un grand pouvoir d’adaptation et de régénération lorsque les conditions sont favorables.

Un parazoanthus..

Un parazoanthus totalement blanchit par un excès de température..

La maladie la plus répandue chez les coraux est le « blanchissement« . (Bleaching en anglais) Le corail, suite à un stress(par exemple) perd ses zooxanthelles et devient blanc ! L’origine est encore méconnue, il s’agirait soit d’une bactérie, soit d’une augmentation (ou diminution) de la température, soit une surdose de rayons ultra-violet. Il semblerait que le manque d’iode favorise aussi l’apparition de la maladie.( à démontrer…) Toujours est-il qu’en aquarium, lors d’une élévation brutale de la température de plusieurs degrés, il est fort à parier que vos coraux subiront un stress important et blanchiront. Ceci dit une repigmentation peut être possible dans certains cas par une recolonisation des zooxanthelles mais ce cas est surtout valable dans le milieu naturel…

Cette maladie est relativement fréquente en aquarium mais beaucoup moins que les nécroses et la régression des tissus.( RTN ) En général cela va très vite et le résultat est la perte irréversible du corail. Les traitements sont rares et souvent inefficaces, le meilleur moyen d’éviter ce type de maladie est d’avoir un bac sain et de n’acheter que des coraux sains. Traiter aux UV, ce qui détruira au moins les bactéries en eau libre et dans le pire des cas, faites des bains d’eau douce ou appliquer un traitement aux antibiotiques.

Une autre sympathique maladie infeste parfois nos coraux, c’est la gelée brune. C’est une infection qui arrive souvent après un stress due au voyage ou à un choc. La gelée recouvre les tissus du corail et ne laisse rien à part le squelette, attention elle est contagieuse, il faut donc isoler votre corail. Ce sont en fait des protozoaires qui se nourrissent des algues zooxanthelles.(helicostoma nonatum) Vous pouvez traiter aux antibiotiques à large spectre. Je vous rappelle qu’il faut effectuer ces opérations hors du bac principal, prévoyez un bac de quarantaine.

Les coraux comptent aussi quelques prédateurs comme certains escargots qui se régalent des zoanthidés ! Et d’autres préfèrent les espèces de sarcophyton, méfiez-vous donc des escargots, excepté des trochus ou des astréas, eux, bien connus des récifalistes. Évitez aussi les porcelaines et les nudibranches très jolis mais dangereux en aquarium récifal.

 

Heliacus sp

Voici un indésirable du récifal, l’Heliacus sp. qui raffole des zoanthidés ! A surveiller la nuit…

 

Je vous rappelle qu’il faut aussi nourrir ses coraux, en effet la lumière ne suffit pas, bien que la plupart des coraux durs vivent dans une eau pauvre en nutriments, ils se nourrissent quand même de zooplancton et de microplancton et d’éléments dissous, on trouve dans le commerce nombre de solutions pour les nourrir sous forme liquide ou lyophilisé, d’ailleurs à utiliser avec parcimonie.(voir le chapitre sur l’alimentation !)

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